Pierre Gripari : «La culture gay n'est pas une culture, c'est du marketing!»


«Ce qui l'aurait choqué, c'est l'introduction du pouvoir quel qu'il soit dans les affaires intimes. Pour lui, l'homosexualité ne devrait pas donner matière à légiférer»,


Anne Martin-Conrad, biographe de Pierre Gripari.









Sources : 
Krisis n° 17 : Sexualité ? 
Et numéro 145 d'Eléments «L'idéologie du genre contre le sexe».













Il faut relire Proust ! Dans A la recherche du temps perdu, celui-ci fait un parallèle lumineux entre la condition juive et la condition homosexuelle. Et il le fait d’une manière qui lui permet d’en retirer des effets comiques, car son livre est comme vous le savez un bouquin très marrant. Il y a par exemple un passage irrésistible, où Proust décrit une réunion rassemblant plusieurs membres du corps diplomatique. L’un des personnages arrive au milieu de la réception et s’émerveille de s’y retrouver « en famille ». Pour montrer son étonnement, Proust superpose à sa pensée les vers de Racine dans Esther, quand Élise, au premier acte, découvre les femmes juives qu’Esther, devenue la favorite du roi de Perse, a fait entrer dans le harem royal : « Mon dieu, mais que vois-je, mes sœurs, c’est merveilleux, nous en sommes toutes ici ! » Proust décrit ainsi les attitudes communes aux Juifs et aux homos, qui leur permettent de faire coexister un sincère désir d’intégration sociale avec la volonté de rester dans un entre-soi confinant parfois à l’enfermement. Cela peut aller jusqu’à une sorte de désir masochiste d’être rejeté par les autres, afin de pouvoir avoir le plaisir de dénoncer ce rejet ! Quant à la culture gay, je n’y crois pas. Les homosexuels tout comme les juifs d’ailleurs, ont seulement illustré et marqué toutes les cultures. Même la notion de « littérature homosexuelle » est à mon avis contestable. Comme les autres écrivains homos, Proust était homosexuel au pieu, mais pas dans son écriture.


La culture gay est une fiction qu'ont utilisée certains homos pour se faire reconnaître une place dans l'organisation socio-économique actuelle, qui tend à sectoriser les besoins de consommation pour optimiser les bénéfices qu'on peut tirer de chaque catégorie de population. Depuis le début des années quatre-vingt, les homosexuels sont devenus des consommateurs comme les autres. D'où l'apparition de circuits commerciaux qui leur sont propres. La culture gay n'est pas une culture, c'est du marketing ! Guy Hocquenghem a très bien dénoncé cette tendance à l'intégration économique des homos, en particulier ces anciens tapins recyclés dans la presse gay qui, après avoir vécu de leur cul, ont fini par vivre avec le cul des autres. Du reste, cette pseudo-culture n'a pas créé grand chose.


Pierre Gripari















Entretien avec Jacques CHANCEL


Pour compléter cette lecture, voici un lien vers une émission radiophonique où Pierre Gripari évoque son refus de la compromission. L'écriture commencée à l'âge de 7 ans. Les auteurs qui l'ont influencé. Ce qui intéresse les enfants en littérature. Les exigences de son public enfantin et de ses lecteurs adultes. Son emploi à mi-temps dans un bureau. Son choix de la solitude et de l'ascèse de l'écrivain. Les périodes de sa vie où il a vécu de sa plume. Ses provocations. Son expérience de délégué du personnel de la CGT. Les rapports avec les libraires. Ses différents livres. Les titres de ses romans. Ses rapports avec le public. Son intérêt pour le taoïsme et les philosophes nihilistes. Les raisons de son célibat. La vie de famille. Son homosexualité, etc.