LA POLÉMIQUE ONFRAY/BENOIST/VALLS : EXTRAITS DU DÉBAT


Débat Onfray de Benoist Valls

Rappel des faits par Boulevard Voltaire : Michel Onfray assure qu’il sera toujours en empathie avec une idée juste, qu’elle soit de droite ou de gauche, plutôt qu’avec une idée fausse, qu’elle soit de gauche ou de droite. D’où l’estime qu’il semble porter à Alain de Benoist, et dont Manuel Valls vient de lui faire bruyamment reproche.


Extraits choisis des réponses d’Alain De Benoist, Robert Ménard et Gabriel Robin



Débat Onfray de Benoist Valls
Alain de Benoist 
«Je suis bien conscient de l’inaptitude de l’immense majorité des hommes politiques à comprendre quoi que ce soit aux débats d’idées. Les idées divisent, c’est bien connu, alors qu’ils veulent avant tout rassembler. Manuel Valls, qui est à peu près inculte, ne fait pas exception à la règle. La seule chose qui le préoccupe est de savoir comment qualifier le Parti socialiste au second tour de la présidentielle de 2017. Ce ne sont pas les lecteurs qui l’intéressent, mais les électeurs.
J’ai publié à ce jour près de 100 livres, plus de 2.000 articles et 600 entretiens. Manuel Valls n’en a bien entendu pas lu la moindre ligne. Il ne connaît de moi que ce qu’il a lu sur la fiche qu’on lui a transmise.

Il fait partie de cette classe dirigeante qui sent aujourd’hui le sol se dérober sous elle. Ses propos pathétiques montrent qu’il a totalement pété les plombs.
Loin de s’être «droitisé», contrairement à ce qu’affirme le Premier ministre, [Michel Onfray] campe au contraire sur ses positions libertaires et socialistes proudhoniennes. Il n’a donc que mépris pour un gouvernement réformiste libéral, qui a trahi toutes ses promesses pour se mettre à la remorque des marchés financiers et, dans le domaine de la politique étrangère, au service des Américains.
J’ai des idées de gauche et des valeurs de droite, mais il y a bien longtemps que je ne me définis plus par rapport à ce clivage, aujourd’hui devenu totalement obsolète. De surcroît, je ne suis pas un acteur de la vie politique, mais seulement un observateur. 
Je continue à m’exprimer dans mes livres, dans les revues que je dirige, Krisis et Nouvelle École, et dans le magazine Éléments, dont je suis l’éditorialiste. Plutôt que de procrastiner, je m’opiniâtre.»

Débat Onfray de Benoist Valls
Gabriel Robin, juriste 


«Pensez-donc qu’un Premier ministre en exercice a accusé un philosophe plébiscité par les Français de « perdre les repères » pour avoir simplement préféré l’éthique de l’intellectuel à la dialectique éristique des propagateurs officiels du bien universel. Sur le plan moral, on constatera donc que l’ingérence guerrière (complémentaire de l’ingérence culturelle du gouvernement) est plus valorisée par le gouvernement que les écoles populaires de Michel Onfray ou la discrète application d’Alain de Benoist. C’est ainsi que les nations s’achèvent, et les histoires des hommes s’arrêtent : lorsque la transgression devient la norme.»




Débat Onfray de Benoist Valls
Robert Ménard 

«Il fut un temps lointain où les politiques lisaient les philosophes, et un temps encore plus reculé où ils les comprenaient. Dans une époque où on lit peu et où ne pas comprendre est encore la meilleure façon de se protéger de la réalité, il n’est plus extravagant de voir un Premier ministre monter en chaire médiatique pour sermonner un philosophe.
Le crime de Michel Onfray est d’une gravité extrême. D’abord parce qu’il s’agit d’un crime contre la République. De cette République qui n’en finit plus de pourrir sur pied comme une récolte dont nul ne veut plus. En Ve République, l’intelligence est bannie de la cité. Nul ne doit lui donner eau et pain.»