Du rififi chez les partisans du genre



Krisis revue pluraliste de débats et d'idées



Xavier Molénat, essayiste, sociologue, journaliste à AlterEco Plus (et ancien journaliste au magazine Sciences humaines), s’étonne visiblement que la revue Krisis ait publié dans son dernier numéro sur le genre des articles de Maurice Godelier et d’Agnès Giard. Il s’indigne que des intellectuels «classés à gauche» écrivent dans une revue qu’il étiquette quant à lui «à droite».


Voilà qui laisse assurément songeur. Monsieur Molénat n’a de toute évidence pas lu le numéro, qui accorde effectivement une place de premier choix à ces articles, particulièrement mis en valeur. La qualité de ces deux textes ne fait au demeurant aucun doute, ni leur adéquation à l’esprit général du numéro. Le fait que Maurice Godelier soit un des plus grands anthropologues français et qu’il ait développé certains aspects de sa pensée à partir de la philosophie marxiste ne l’a évidemment pas dissuadé d’écrire dans Krisis, qui n’est nullement l’organe de pensée d’une «école dogmatique», et encore moins une «revue de droite». Il en a été de même pour Agnès Giard, journaliste à Causette, Libération et au Nouvel Observateur. Krisis n’est ni une revue de droite, ni une revue de gauche : c’est une revue d’idées et de débats, qui publie des contributions d’auteurs venus de tous les horizons, dans un esprit de dialogue.

Plutôt que de penser, nombre d’hommes de médias préfèrent aujourd’hui lancer des anathèmes, voire des excommunications. Ils fustigent l’obscurantisme (dans lequel ils rangent toutes les opinions qui leur déplaisent), mais sont les premiers à raisonner à partir de préjugés. L’aveuglement devant les évidences leur tient lieu de lumières. Voltaire et Diderot doivent se retourner dans leur tombe.

Les débats sur le genre suscitent il est vrai des réactions épidermiques, dans tous les camps. La spécificité de Krisis est précisément de refuser l’hystérie ambiante, pour apporter de la nuance (ainsi qu’une meilleure compréhension réciproque des forces en présence). Je pense que nous y sommes parvenus. Des auteurs prestigieux aux opinions très différentes ont collaboré à ce dossier. Tous se rejoignent néanmoins il me semble dans leur désir d’éviter les amalgames simplistes et d’adopter une vision englobante du thème abordé.

Les débats sur le genre méritent autre chose que des croisades et des inquisitions. Chacun défend les opinions qu’il croit juste ; mais l’intelligence n’a pas de couleur politique. Et, si les esprits de valeur ne s’accordent pas toujours sur les réponses, ils se rassemblent du moins autour d’une manière subtile de poser les questions. Les sarcasmes de Xavier Molénat sont d’autant plus injustifiés que les articles de Godelier et Giard expriment à mon sens des idées plutôt majoritaires dans le dossier.

Mais le seul fait de réfuter l’esprit de croisade gêne les partisans du politiquement correct de gauche, aussi bien d’ailleurs que les adeptes du prêt-à-penser de droite. Les zélateurs les plus fanatiques des «théories du genre» ont ceci de commun avec les psychorigides de la «manif’ pour tous» : ils vivent dans un monde binaire, peuplé de gentils et de méchants, où tous les problèmes se règlent à coups de slogans.

Il est temps de mettre un terme à cette apocalypse de la pensée. Les meilleurs intellectuels de l’Hexagone comprennent aujourd’hui que les forces de l’intelligence ne sont pas assez nombreuses pour être gaspillées en procès d’intention, luttes intestines et autres enfantillages. Krisis servira toujours de havre et de terre d’accueil à ceux qui veulent continuer de réfléchir sans se laisser intimider par quiconque, comme elle le fait d’ailleurs depuis 30 ans.

Thibault ISABEL
Rédacteur en chef de Krisis



Krisis revue pluraliste de débats et d'idées

Krisis contre les chiens de garde de la pensée unique




Krisis Diffusion



En mars dernier, Manuel Valls s’en était pris publiquement à notre groupe éditorial dans sa polémique contre Michel Onfray. Les chiens de garde de la pensée unique l’avaient vite rejoint dans ses aboiements intempestifs. Nous étions accusés de «brouiller les repères» et d’effacer les anciens clivages. Renaud Dély, rédacteur en chef du Nouvel Observateur, avait alors traité Krisis de revue «élitiste», qui «complexifie» la pensée. Avoir une pensée «complexe» semble donc être une insulte à ses yeux ; c’est dire dans quel état de déliquescence se trouvent nos médias actuels !

En vérité, nous sommes fiers d’œuvrer depuis près de trente ans à une vaste entreprise de réflexion. Des intellectuels de tous les bords se rejoignent pour dénoncer la mort de l’esprit, la crise de la culture et l’arraisonnement du monde à la logique marchande.

Continuez à nous suivre dans notre combat pour les idées. Une nouvelle dynamique est en marche. Notre revue devient trimestrielle et adopte une nouvelle couverture couleur, avec une équipe plus étendue et des moyens supplémentaires.


Grâce à vous, Krisis restera un précurseur dans l’animation des grands débats intellectuels hexagonaux.





Krisis devient une revue trimestrielle !



Krisis revue pluraliste de débats et d'idées



Le Krisis « Sexe(s)/Genre(s) ? » est enfin disponible. C’est le moment de vous abonner !


Après de longues années de parution irrégulière, Krisis prend maintenant un nouveau départ, symbolisé par l’adoption d’une couverture en couleurs et d’un rythme de parution trimestriel. Autour d’Alain de Benoist, l’équipe de rédaction s’est largement étoffée et a professionnalisé ses infrastructures logistiques.

Le premier numéro de notre nouvelle formule vous proposera notamment des textes de Maurice Godelier (médaillé d’or du CNRS), de Nancy Huston (écrivaine féministe), d’Agnès Giard (journaliste à Causette, au Nouvel Observateur, etc.), de Jacques Balthazart (directeur émérite du GIGA neurosciences de Liège), de Jean-Paul Mialet (psychiatre), sans parler d’Alain de Benoist, d’Yves Christen et de bien d’autres auteurs.




Krisis revue pluraliste de débats et d'idées
Krisis Sexe(s)?/ Genre(s)? est en vente 
sur le tout nouveau site Krisis Diffusion
Frais de port offerts à partir de 40 euros d'achat.

Krisis Sexe(s)?/Genre(s)? est inclus dans l'Abonnement Découverte. 
PRIX: 88 euros TTC, frais de port toutes destinations compris.

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Krisis 41: Sexe(s) ? / Genre(s) ?




Krisis revue pluraliste de débats et d'idées



Très à la mode outre-Atlantique depuis les années 1970, la question du genre s’est réellement invitée dans les débats hexagonaux à partir de 2013, lorsque Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, voulut mettre en place son fameux «ABCD de l’égalité». Il s’agissait pour elle d’expérimenter dans les écoles un programme de lutte contre le sexisme et les stéréotypes de genre. L’idée générale était d’éduquer à l’égalité et au respect entre les filles et les garçons.


Si personne ne songe évidemment à contester l’importance d’une meilleure entente entre les sexes, ou même d’une plus grande équité à l’égard des femmes, les critiques n’en ont pas moins rapidement fusé contre cette mesure ministérielle, y compris à gauche : Sylviane Agacinski et Michel Onfray, parmi beaucoup d’autres, se sont opposés à certains excès des «théories du genre». La plupart des intellectuels qui critiquent ces théories acceptent tout à fait l’idée que nous suivons partiellement des codes de genre (masculins ou féminins), sous la pression du contexte socio-culturel dans lequel nous baignons. Mais cela n’implique pas que nous soyons hommes ou femmes par pur conditionnement social ; et la place de l’inné dans la prise en compte du phénomène humain devrait être au contraire réhabilitée.


Le public français n’a découvert les études de genre qu’assez tard et continue d’en avoir une connaissance approximative. Même le monde universitaire s’est montré plutôt indifférent, en comparaison de la déferlante des «gender studies» anglo-saxonnes. Qu’elle que soit l’opinion portée sur ce champ disciplinaire, une telle méconnaissance reste dommageable, dans la mesure où l’on ne peut cautionner ou réfuter avec intelligence que ce que l’on comprend. Les textes proposés dans ce numéro de Krisis tentent donc d’aborder avec nuance ces différentes problématiques, qui méritent bien sûr d’être traitées d’une manière précise et honnête, loin des emportements partisans de toute sorte.



SOMMAIRE:

KRISIS n° 41
Sexe(s) ? / Genre(s) ?



Maurice Godelier / De la différence entre le masculin et le féminin et entre l’homme et la femme.

Nancy Huston / Hommes en désarroi.

Alain de Benoist / Les femmes selon Raymond Abellio.

Entretien avec Jean-Paul Mialet / Le déni des différences sexuelles et ses conséquences sociales.

David L’Epée / La performance de genre : une parodie sans modèle..


Yves Christen / Une guerre des sexes dans le cerveau.

Jacques Balthazart / L’orientation sexuelle est aussi une affaire de biologie.

Thibault Isabel / Le sexe exclut-il le genre ? Réflexion sur l’inné et l’acquis dans l’identité homosexuelle.

Yves Ferroul / Femmes et sexualités dans le bassin méditerranéen.

Entretien avec Agnès Giard / Le sexe au Japon.

Thibault Isabel / Le problème de la séparation des sexes à travers l’histoire. Hommes et femmes doivent-ils être complémentaires ou semblables ?

Michel Lhomme / L’androgyne.

Le texte : Mircea Eliade / Dieu-le-Père, Terre-Mère et hiérogamie cosmique. (1957)

Françoise Bonardel / La crise de l’identité culturelle européenne.




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Numéro en vente 24 euros sur Krisis Diffusion 
Les frais de port sont offerts à partir de 40 euros d'achat sur le site.

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