Emmanuel Macron décrypté par Thibault Isabel et Alain de Benoist


Emmanuel Macron par Thibault Isabel et Alain de Benoist
                                                                                                                                                                                                                                            © AFP 2017 PHILIPPE LOPEZ


L'analyse de Thibault Isabel, rédacteur en chef de krisis                

Les français seraient déclinistes et en tête des pays les plus en désaccord avec leur classe politique, selon la dernière étude de l’IPSOS. Pourtant les français sont en parallèle une minorité à se dire « susceptibles » de voter pour un parti ou un candidat prêt à changer les règles. Analyse.

La fin de semaine a été particulièrement riche en meetings politiques: Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et son hologramme ou encore le déplacement de François Fillon dans les Ardennes, tous les ténors pressentis pour la dernière ligne droite à l'investiture suprême ont fait parler d'eux d'une manière ou d'une autre. Mais ont-ils lu la dernière enquête de l'IPSOS?
Une enquête menée en 2016 auprès de 16 096 personnes de 16 à 64 ans dans 22 pays riches et émergents montre un pessimisme — pas nouveau en France — notamment vis-à-vis de l'avenir de leurs enfants. Un thème, une crainte, devenue récurrente dans les sondages ces derniers temps. L'enquête montre surtout une grande défiance vis-à-vis de la classe politique et du « système ». De quoi interpeller nos ténors politiques.
À vrai dire, les candidats ne pouvaient pas, techniquement parlant, prendre connaissance de cette enquête, publiée ce lundi 6 février sur le site de l'institut de sondage. Cependant, le résultat de celle-ci n'est pas surprenant et s'inscrit dans la continuité d'études précédentes, notamment celle d'OpinionWay pour le Cevipof (le centre de recherches politique de Sciences Po) mi-janvier.
Le politologue Pascal Perrineau avait alors insisté sur un certain paradoxe du résultat de cette étude: celui de voir des français plus demandeurs de protectionnisme, tout en allant vers un libéralisme plus « assumé ».
Un positionnement étonnant que l'on retrouve dans l'étude de l'IPSOS: tant sur les questions de libéralisme et de mondialisation. Dans le cas de cette étude, 66 % des Français se prononcent en faveur d'un contrôle par l'État du prix des denrées alimentaires de base (au-delà d'une moyenne de 58 %), mais ils ne sont plus que 36 % à se prononcer en faveur de la nationalisation des ressources naturelles. Sur les questions d'immigration, si 69 % des français sont contre l'idée « qu'il serait préférable pour la France de laisser venir tous les immigrés qui le souhaitent », les français semblent en moyenne plus ouverts que leur voisins européens — moins de la moitié (40 %) des personnes interrogées dans l'hexagone estimant que la France serait « plus forte » en cas d'arrêt de l'immigration et seuls 33 % des Français (contre une moyenne de 35 %) estiment que « les immigrés prennent les emplois des citoyens français. »
En parallèle, toujours concernant l'ouverture du pays, avec l'Italie, la France fait figure d'exception à la règle de percevoir comme une opportunité l'ouverture de l'économie nationale aux entreprises étrangères, en d'autres termes, les Français sont sceptiques face à la mondialisation!
Des résultats qui sont loin d'étonner Thibault Isabel, docteur en philosophie et rédacteur en chef de la revue Krisis —Il est notamment l'auteur de l'ouvrage Le Parti de la tolérance, (Éd. La Méduse, 2014)
« De telles études ont déjà été publiées au cours des dernières années, et montrent une poussée constante du "déclinisme" dans tous les pays occidentaux. Cela s'explique évidemment par des motifs objectifs: les Occidentaux voient bien que les conditions de vie déclinent, c'est lié à une évolution structurelle du capitalisme et de la situation internationale. Les gens savent objectivement que les populations souffriront davantage — seront moins heureuses — que les générations précédentes. Les riches sont de plus en plus riches, mais il est évident que le taux de richesse et de satisfaction, de bonheur moyen de la population ordinaire, ne cesse de décroître depuis maintenant de nombreuses décennies. »
Une étude, qui n'est pas unique en son genre en somme, mais qui interpelle par son contenu détaillé. En effet, si on comprend vite que les Français sont particulièrement prompts à dénoncer leur classe politique, ils semblent en revanche beaucoup moins enclins à voter en considération de ce sentiment.
On constate par exemple que les Français s'illustrent particulièrement lorsqu'ils sont 80 % — 31 points de plus que la moyenne des 22 pays — à s'accorder sur le fait que « Pour que la situation change, nous avons besoin d'un dirigeant qui soit prêt à changer les règles du jeu ». 76 % des Français estiment par ailleurs que « les partis et hommes politiques traditionnels ne se souviennent pas des gens comme moi ».
Mais plusieurs pages plus tard, à une toute autre question, les Français passent sous la moyenne (de 4 points) des autres pays en n'étant que 40 % à se dire « susceptibles » de voter « pour un parti ou un dirigeant politique qui souhaite changer radicalement le statu quo ».
Un résultat qui interpelle également Thibault Isabel, qui souligne là un paradoxe et ce au sein même de ceux qui protestent contre la classe politique:
« Certes, la majeure partie des Français rejette leur classe politique, mais on voit que même parmi les gens qui rejettent la classe politique, il y a encore une légère majorité de personnes qui soutiennent le système mondialiste. »
Dans le contexte électoral, à qui pourrait profiter ce paradoxe? Alors que tous pointent du doigt la montée des populistes, sur fond de Brexit et d'élection de Donald Trump, faisant planer le « spectre » de la victoire de Marine Le Pen, est-ce vraiment les candidats s'affichant comme antisystème qui profiteront de ce paradoxe? Pour Thibault Isabel, la réponse est claire:
« C'est quelque chose je pense qu'Emmanuel Macron a très bien compris, parce qu'en fait, qu'est-ce qu'il fait? D'un côté, il tient un discours populiste de remise en cause du clivage Droite-Gauche et des vieilles élites politiques, mais dans le même temps il défend l'idéologie du système. »
« Je ne dis pas que les choses ne vont pas évoluer, il y a une dynamique en faveur de la remise en cause profonde du système, mais à l'heure actuelle, indéniablement, le rejet de la classe politique ne signifie pas encore qu'il y a une majorité électorale contre le mondialisme et donc l'idéologie qui a le plus de chance de prospérer en l'état actuel de l'opinion, c'est une idéologie qui serait à la fois superficiellement populiste, mais qui dans le fond resterait mondialiste. »
Comment expliquer un tel paradoxe? Surtout que les exemples ne manquent pas. L'étude révèle que les Français sont notamment les plus inquiets concernant l'avenir de leur progéniture. 61 % des Français interrogés estimant que leur génération a une vie moins bonne que la génération de leurs parents, et que 67 % des jeunes d'aujourd'hui auront une vie encore moins bonne que celle de leurs parents.
« Il faut se rendre à l'évidence, les aspirations que nous pouvons tous nourrir sont souvent des aspirations contradictoires. En réalité, les gens en France, pour une légère majorité, restent encore favorables dans leurs idées au système mondialiste. En même temps, ces mêmes personnes constatent que cela ne va plus, que le pays est en déclin et que le système économique actuel nous plonge dans un marasme qui est insupportable pour tout le monde. Donc d'un côté, les gens restent attachés à des vieilles idées auxquelles ils continuent de croire et dans le même temps ils sentent bien que ces idées ne fonctionnent plus. Donc ils sont eux-mêmes clivés et ils ont besoin de politiciens au discours clivé pour répondre à leurs attentes. »
Notre expert relativise, pour lui cette situation qui se profile en cette année 2017 n'est en fait pas si inédite que cela, une situation qui s'explique simplement par le fait qu'elle est « en adéquation avec ce que recherche une légère majorité des Français »:
« Cela fait maintenant une quinzaine d'années, que tous les hommes politiques qui parviennent aux plus hautes fonctions de l'État, s'imposent aux termes des joutes électorales sur la base d'un discours de rupture, de changement: Nicolas Sarkozy avait obtenu le pouvoir de cette façon, c'était le candidat du changement qui allait tout balayer, François Hollande lui aussi disait "le changement c'est maintenant". En fait les candidats du système on compris depuis de nombreuses années qu'ils ne pouvaient réussir à s'imposer qu'en prônant un changement radical en surface, alors qu'en réalité ils continuent à préserver le statu quo. »
Un statu quo intenable pour Thibault Isabel « on ne peut pas à la fois soutenir le système tel qu'il est et déplorer les effets de ce système ». Mais en attendant que les Français surmontent leurs contradictions, c'est donc Emmanuel Macron qui les exprime le mieux à la fois anti-système dans la forme et pro-système sur le fond, ce qui explique peut-être en partie qu'il soit le favori des médias. Pour autant, ses détracteurs devraient toutefois garder une lueur d'espoir. En effet, l'étude de l'IPSOS relève également qu'en France, 68 % ne font pas confiance aux médias, une défiance qui pourrait finir par rejaillir sur leur chouchou.
Entretien réalisé et diffusé en direct sur Sputnik News

 L'analyse d'Alain de Benoist, directeur de publication de krisis               

Extrait de deux entretiens réalisés par Nicolas Gauthier pour Boulevard Voltaire
[Les photos ne figurent pas dans les articles originaux]


Macron, tout sauf un populiste!

Emmanuel Macron comme Donald Trump : le phénomène est plus intéressant que le personnage lui-même. Comment expliquer l’actuel phénomène Macron, qui se veut candidat hors système, alors qu’il est justement un pur produit du système ?
Emmanuel Macron
© AFP 2017 PIERRE-PHILIPPE MARCOU

On peut facilement ironiser sur le personnage. Le petit Mickey travesti en Rastignac, la petite chose qui veut se faire aussi grosse qu’un président, le Micron transformé en Maqueron, le Ken du couple Ken et Barbie, le télévangéliste christique débitant à chacun les niaiseries qu’il veut entendre. Mais tout cela ne cerne qu’imparfaitement le phénomène. Ce qui frappe d’abord, c’est qu’Emmanuel Macron est le premier candidat postmoderne que l’on ait jamais vu se présenter à l’élection présidentielle. Les arguments raisonnés, les promesses lyriques, les démonstrations destinées aux électeurs, tout cela faisait encore partie de la modernité. Avec la postmodernité, on est dans l’affect à l’état pur, dans l’émotion, l’amour, l’extase. Le sentiment submerge tout, comme dans le discours des gourous.

Certains reprochent à Macron de n’avoir pas de programme et de multiplier les déclarations contradictoires. Mais on perd son temps à s’indigner ou à vouloir lui répondre. En régime postmoderne, les contradictions n’ont aucune importance, et ce n’est pas avec des programmes que l’on conquiert l’opinion. C’est avec des postures et des incantations. Ce ne sont pas les mots qui comptent, mais le métalangage, pas le réel mais le plus-que-réel, pas le textuel mais l’hypertextuel. En recourant à des stratégies narratives, à des mécanismes persuasifs fondés sur ce que lui indiquent les algorithmes, Macron ne cherche à convaincre que d’une chose : qu’il faut communier avec lui, fusionner avec lui, qu’il faut l’aimer autant qu’il s’aime lui-même (« Parce que je veux être Président, je vous ai compris et je vous aime ! »). Il est plein de vide, mais ce vide le remplit mieux que tout autre contenu. Une bulle, certes, mais qui continue à enfler.

Un mutant politique, un phénomène typiquement postmoderne.


Dans L’Obs, le philosophe Michel Onfray – qui faisait récemment la une de votre revue, Éléments – assure qu’Emmanuel Macron « est en réalité l’autre nom de l’ubérisation de la société ». Vous confirmez ?

Bien sûr. Au-delà des banalités et des platitudes qu’il accumule avec un aplomb que rien ne vient entamer, Macron se situe dans une perspective bien précise qu’on peut résumer de la façon suivante : la mondialisation heureuse, l’ubérisation de la société et la précarité pour tous. De ce point de vue, Macron est un libéral au sens complet du terme : libéral en économie, libéral en matière « sociétale », libéral en tout. C’est pourquoi il séduit à la fois la gauche « branchée », les économistes hors-sol et les centristes fascinés par la Silicon Valley, Jacques Attali et Bernard Kouchner, Alain Minc et Corinne Lepage, Renaud Dutreil et Pierre Bergé. Nathalie Kosciusko-Morizet ne déparerait pas dans ce paysage !


Macron se dit au-delà de la droite et de la gauche. Vous venez vous-même de publier un livre intitulé Le Moment populiste – Droite-gauche, c’est fini ! (Pierre-Guillaume de Roux). Ce positionnement apporte de l’eau à votre moulin ?

La grande caractéristique du populisme est de substituer au clivage horizontal droite-gauche un clivage vertical entre le peuple et les élites (« ceux d’en haut » contre « ceux d’en bas »). Mais l’effacement du clivage droite-gauche ne se constate pas seulement à la base. Par réaction, il se retrouve aussi dans la classe dominante, avec l’idée d’une « union nationale » destinée à faire barrage au populisme et à neutraliser les « récalcitrants » des deux bords. Il y a, là, une certaine logique : en même temps qu’il coalise à la base un électorat venu de la gauche et un électorat venu de la droite, le populisme suscite à la tête un regroupement de factions hier encore antagonistes, mais qui n’ont pas de mal aujourd’hui à réaliser que rien ne les sépare vraiment.

Cette nouvelle stratégie était déjà présente dans l’idée de « troisième voie » théorisée par Anthony Giddens à l’époque de Tony Blair, dont l’objectif avoué était de contribuer au « renouveau » de la social-démocratie dans le sens d’une fusion assumée avec la logique libérale. C’est elle que l’on retrouve en France chez Emmanuel Macron, véritable héritier du blairisme, quand il assure que « le vrai clivage dans notre pays […] est entre progressistes et conservateurs », ou chez le libéral Guy Sorman, pour qui « le récent référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne n’a pas opposé la droite conservatrice à la gauche travailliste, mais les partisans de l’ouverture à ceux de la fermeture ». La « fermeture » étant censée désigner le « tribalisme » et le « repli sur soi », il faut comprendre que l’« ouverture » signifie l’adhésion à tout ce qui transcende les frontières, à commencer par les marchés financiers. La position de Macron représente donc le symétrique inverse du populisme. Elle cherche à unifier les élites mondialisées au-delà des étiquettes, tout comme les populistes essaient d’unifier le peuple.

Personne ne semble réaliser que, dans cette optique, un second tour de l’élection présidentielle opposant Marine Le Pen et Emmanuel Macron, où ne serait donc présent aucun représentant des deux grands partis de gouvernement qui ont en alternance gouverné la France pendant trente ans, représenterait un véritable tournant historique.




Vous aimez la mondialisation? Votez Macron!

La liste définitive des candidats à l’élection présidentielle est maintenant connue. Cette échéance électorale, qui aura été d’un cru inédit, a déjà provoqué une foule de commentaires, notamment sur Boulevard Voltaire. Quels sont les vôtres ?

Emmanuel Macron
© REUTERS/ BENOIT TESSIER

Je ne m’intéresse pas aux commentaires, toujours superficiels et ennuyeux quand ils se bornent à dire pourquoi l’on aime ou non tel ou tel candidat, mais seulement aux analyses, qui permettent de comprendre le sens de ce que l’on voit. Quand vous dites que cette élection, qui fut effectivement riche en coups de théâtre et en rebondissements, aura été d’un cru inédit, vous êtes encore en dessous de la réalité. Non seulement elle ne ressemble à aucune autre, mais elle marque un véritable tournant historique, car elle va de pair avec une totale restructuration du paysage politique, du fait de l’effondrement programmé des deux grands partis de gouvernement qui ont eu le monopole de l’« alternance » en France depuis plus de quarante ans – mais qui se trouvent maintenant l’un et l’autre menacés de ne pas passer le cap du premier tour.

Les primaires, que la classe politique a commis l’imprudence d’emprunter au système politique américain, ont joué un rôle d’accélérateur en provoquant des fractures et en révélant des haines inexpiables qui sont en passe de désagréger les deux ex-grands partis. Elles ont vu deux candidats atypiques, François Fillon et le « frondeur » Benoît Hamon, l’emporter au détriment des favoris (Sarkozy et Juppé, Valls et Montebourg). Coincé entre Mélenchon et Macron, Hamon est incapable de rassembler son camp. Il en va de même de Fillon, coincé de manière symétrique entre Marine Le Pen et Macron. Résultat : les plus libéraux des dirigeants du PS partent par pleines charrettes rejoindre la start-up de l’ectoplasme macronien, et il en va de même des centristes qui ne se reconnaissent pas plus dans le programme de Fillon que Valls et Hollande ne se reconnaissent dans celui de Hamon.

On assiste donc à une nouvelle polarisation, qui ne se situe plus sur l’axe horizontal gauche-droite, mais sur l’axe vertical « ceux d’en bas » contre « ceux d’en haut » : le peuple contre les oligarques. C’est le schéma populiste par excellence, qui s’est déjà imposé dans plusieurs autres pays : la montée de SYRIZA a tué le PASOK, l’élection présidentielle autrichienne a opposé un populiste et un écologiste, le Brexit a créé un clivage transversal chez les conservateurs comme chez les travaillistes, le parti social-démocrate hollandais vient de s’effondrer, etc. La France est aujourd’hui en passe de rejoindre ce schéma. C’est la fin de la Ve République telle que nous l’avons connue.


Le phénomène Macron, que personne n’avait prévu, a aujourd’hui visiblement l’appui des principaux médias.
Quel sens faut-il lui donner ? Et quid de l’étonnant ralliement de François Bayrou ?

Macron est en train de réaliser un regroupement qui peut paraître surréaliste – d’Alain Madelin à Robert Hue –, mais qui ne doit pas surprendre. Prenant acte du gouffre qui s’est creusé entre le peuple et la classe dirigeante, il veut rassembler les élites mondialisées de droite et de gauche tout comme Marine Le Pen cherche à rassembler à la base les « patriotes » de gauche et de droite, à commencer par ceux qui appartiennent aux couches populaires et à la fraction des classes moyennes qui se sent aujourd’hui menacée de déclassement (et sans lesquelles il n’y a pas de majorité possible). L’usage que fait Macron du mot « progressiste » est, à cet égard, révélateur. Son ambition, à terme, est de créer un grand parti progressiste où se rassembleront, face à la « menace populiste », les tenants de tous bords de la mondialisation heureuse, de la soumission aux marchés financiers, des flux migratoires sans fin et du libéralisme hors-sol.

Qu’est allé faire François Bayrou dans cette galère ? Mystère. Bayrou, depuis sa jeunesse, est un grand lecteur de Barrès, de Simone Weil et, surtout, de Péguy. C’est à ce titre qu’il était intervenu, en janvier 2014, au colloque sur « L’actualité de la pensée politique de Charles Péguy », dont les actes viennent de paraître chez Privat. Il y expliquait ce qu’il devait à l’auteur de L’Argent : « Il invite à ne pas hésiter à affronter les puissants, quelle que soit la puissance des puissants […] Chez les péguystes authentiques existe une propension, parfois excessive – je parle également pour moi –, à ne pas hésiter à braver les convenances, les interdits du conformisme […] Dans le péguysme, tel que je le vis, prévaut cette volonté de conserver cette ligne de conduite fondée sur l’engagement au service de ce qu’on ressent comme étant l’essentiel […] Cela amène naturellement à une attitude de vie dont l’une des composantes essentielles est l’intransigeance […] Le péguysme c’est, au nom de ce que l’on croit être essentiel, une absolue insoumission. » Aujourd’hui, Bayrou a rallié l’hologramme créé de toutes pièces qu’il dénonçait encore il y a quelques semaines comme un outil au service des « plus gros intérêts financiers ». Il s’est trahi lui-même. Bayrou chez Macron, c’est Péguy au CAC 40, Mère Teresa dans la Waffen-SS ou Nabilla au Collège de France ! [...]



Retrouvez d'autres entretiens sur ce thème sur notre blog, sur Facebook ou Twitter !