Krisis 46 : Nation et souveraineté ?


Revue Krisis 46 Nation et souveraineté


Nous vivons à l’ère de la mondialisation. Les flux de communication n’ont jamais été aussi intenses. Nous échangeons sur les réseaux sociaux avec des Américains, des Brésiliens ou des Chinois, alors que, dans le même temps, nous ignorons parfois jusqu’au nom de notre voisin de palier. Le monde moderne rétrécit la distance qui nous sépare du lointain, tout en nous éloignant paradoxalement de notre prochain, c’est-à-dire de celui qui se trouve au sens propre «juste à côté de nous». La modernité engendre des bienfaits indéniables, sans lesquels nous ne pourrions plus vivre : nous sommes heureux de voyager, de découvrir d’autres contrées avec une facilité inédite dans l’histoire. Mais la mondialisation implique un brouillage des repères. Tout évolue à un rythme frénétique. Autrefois, les hommes vivaient dans le même monde, de la première à la dernière heure de leur vie. Or, depuis un demi-siècle, notre paysage a été considérablement dépaysé. Nous sommes confrontés à des produits matériels et culturels venus des quatre coins du globe, comme les plats que nous mangeons, les films que nous regardons ou les vêtements que nous portons. Et nous voyons surgir à chaque décennie une véritable révolution technologique qui bouleverse la société: l’automobile, la télévision, le téléphone portable, l’Internet. Face à des changements aussi rapides, l’ici et l’ailleurs n’ont plus guère de signification. Les gens finissent par se demander qui ils sont, et d’où ils viennent. Cette situation explique la résurgence de l’idée nationale dans le discours politique. Devant l’infini de l’horizon, on cherche à renouer des racines. Reste à savoir sous quelle forme, et par quels moyens.


Krisis n°46 : Nation et souveraineté ?
Krisis 46 Nation et souveraineté
Prix de vente : 24 euros
Éditorial
Entretien avec Pierre Manent / Le sentiment national dans un monde en crise.
Charles Taylor / Démocratie, nationalisme et exclusion.
Thibault Isabel / Individualisme, nationalisme et identité à l’ère du village global.
Entretien avec Dominique Schnapper / La république face aux problèmes d’intégration.
Pierre-André Taguieff / Sous le «populisme» : le nationalisme.
Entretien avec Pierre-André Taguieff / La révolte contre les élites ou la nouvelle vague populiste.
Guy Hermet / Les voisinages incertains du populisme.
Frédéric Dufoing / La doctrine de l’État fédéral et le déficit démocratique européen.
Denis Collin / Faut-il enterrer l’État-nation ?
Otto Bauer / Document : Le concept de nation (1907).
David L’Épée / Nation et résistance aux empires : le cas helvétique.
Louis Narot / Charles Maurras et le nationalisme intégral.





Les auteurs de ce numéro

Otto Bauer : Né à Vienne le 5 septembre 1881, mort à Paris le 5 juillet 1938. Grande figure de l’austro-marxisme. Ami de Kautsky et collaborateur de la revue socialiste Neue Zeit, il rédige en 1907 l’ouvrage La social-démocratie et la question des nationalités, dont est tiré le texte que nous publions ici. Il devient en 1918 le leader du Parti ouvrier social-démocrate autrichien, puis ministre des affaires étrangères en 1918 et 1919, grâce à une coalition avec le Parti chrétien social. Il émigre en 1934 pour fuir le nazisme.

Denis Collin : Né en 1952, professeur de philosophie, ses travaux tentent de concilier marxisme et républicanisme. On lui doit notamment La théorie de la connaissance chez Marx (L’Harmattan, Paris 1996), La fin du travail et la mondialisation (L’Harmattan, Paris 1997), Morale et justice sociale (Seuil, Paris 2001), La matière et l’esprit : sciences, philosophie et matérialisme (Armand Colin, Paris 2004), Revive la République ! (2005), Comprendre Marx (2006), Comprendre Machiavel (2008), Le cauchemar de Marx : le capitalisme est-il une histoire sans fin ? (Max Milo Éditions, Paris 2009), La longueur de la chaîne : essai sur la liberté au XXIe siècle (Max Milo Éditions, Paris 2001) et Libre comme Spinoza (Max Milo, Paris 2014). On peut consulter son blog à l’adresse : <http://denis-collin.viabloga.com>.

Frédéric Dufoing : Né en Belgique, il réside actuellement au Luxembourg. Professeur de philosophie, politologue, spécialiste de l’économie politique internationale. Auteur de L’écologie radicale (Infolio, Paris 2012), il fut le co-fondateur de la revue Jibrile et collabore régulièrement à Éléments, Limite et La Nef.

Guy HermetNé en 1934, sociologue, politologue et historien, ancien chercheur à la Fondation nationale des sciences politiques, directeur du Centre d’études et de recherches internationales entre 1976 et 1985, docteur honoris causa de l’Université complutense de Madrid, il est notamment l’auteur de Les populismes dans le monde : une histoire sociologique (Paris, Fayard 2001) et de L’hiver de la démocratie ou le Nouveau Régime (Paris, Armand Colin 2007).

David L’Épée : Né en Suisse en 1983, diplômé en philosophie. Collaborateur régulier des revues Éléments et Rébellion, il s’est spécialisé dans l’histoire du socialisme et les débats autour de la démocratie directe. Il est par ailleurs critique de cinéma indépendant.

Thibault IsabelNé en 1978 à Roubaix. Rédacteur en chef de Krisis. Docteur en esthétique, il travaille dans le domaine de la philosophie générale, de l’anthropologie culturelle et de l’étude comparée des mentalités et des systèmes de pensée. Auteur de nombreux articles parus dans des revues spécialisées, ainsi que de plusieurs ouvrages : Le champ du possible (La Méduse, Lille 2005), La fin de siècle du cinéma américain (La Méduse, Lille 2006), Le paradoxe de la civilisation (La Méduse, Lille 2010), À bout de souffle (La Méduse, Lille 2012) et Le parti de la tolérance (La Méduse, Lille 2014).

Pierre Manent : Né en 1949 à Toulouse. Philosophe, professeur de philosophie politique, directeur d’études à l’EHESS. Normalien et agrégé de philosophie. Ancien assistant de Raymond Aron au Collège de France, il fut en 1978 le co-fondateur de la revue Commentaire. Il est aussi l’auteur de Naissances de la politique moderne : Machiavel, Hobbes, Rousseau (Paris, Payot 1997), Tocqueville et la nature de la démocratie (Paris, Gallimard 1982), La cité de l’homme (Paris, Flammarion 1994), Cours familier de philosophie politique (Paris, Fayard 2001), La raison des nations : Réflexions sur la démocratie en Europe (Paris, Gallimard 2006), Enquête sur la démocratie : Études de philosophie politique (Paris, Gallimard 2007), Les métamorphoses de la cité (Paris, Flammarion 2010), Montaigne : la vie sans loi (Paris, Flammarion 2014) et Situation de la France (Paris, Desclée de Brouwer 2015).

Louis Narot : Universitaire, membre du Cercle Henri Lagrange et collaborateur régulier de l’AF 2000.

Dominique Schnapper : Née Dominique Aron en 1934, à Paris, elle est sociologue et politologue. Directrice d’études à l’EHESS, présidente du Musée d’art et d’histoire du judaïsme, ancien membre du Conseil constitutionnel. Elle est en particulier l’auteur de La communauté des citoyens, sur l’idée moderne de nation (Paris, Gallimard 1994), Qu’est-ce que la citoyenneté ? (Paris, Gallimard 2000), La démocratie providentielle. Essai sur l’égalité contemporaine (Paris, Gallimard, 2002), Qu’est-ce que l'intégration ? (Paris, Gallimard 2007) et L’esprit démocratique des lois (Paris, Gallimard 2014).

Pierre-André Taguieff : Né à Paris en 1946, philosophe, politologue et historien des idées, directeur de recherche au CNRS. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages, dont La revanche du nationalisme (Paris, PUF 2015). Il vient aussi de publier avec Annick Duraffour, Céline, la race, le Juif. Légende littéraire et vérité historique (Fayard, Paris 2017). L’entretien que nous publions ici sous une forme étendue avait paru dans une première version sur le site d’Atlantico.

Charles Taylor : Né en 1931 à Montréal. Professeur émérite de sciences politiques et de philosophie à l’Université McGill. Philosophe de réputation internationale, traduit dans plus de vingt langues, il est un des chefs de file de la mouvance communautarienne. En 2007, il fut nommé par le gouvernement québécois coprésident de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (dite « Commission Bouchard-Taylor »), avec l’historien Gérard Bouchard. Il est l’auteur de Hegel et la société moderne (Paris, Cerf 1998), Les sources du moi : La formation de l’identité moderne (Paris, Seuil 1998), Le malaise de la modernité (Paris, Cerf 2002), Multiculturalisme : Différence et démocratie (Paris, Aubier 1993), La liberté des modernes (Paris, PUF 1999), Laïcité et liberté de conscience (avec Jocelyn Maclure, Paris, La Découverte 2010) et L’âge séculier (Paris, Seuil 2011). 


Krisis 46 Nation et souveraineté
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Marcel Gauchet dans Éléments n°164

Eléments numéro 164
Gauche-droite, c'est fini !


Depuis que la gauche s’est employée à remplacer son ancien électorat par des catégories extérieures aux catégories nationales et à favoriser avant tout la mondialisation des échanges, deux dynamiques nouvelles sont à l’œuvre dans le paysage politique européen. (...)

La première dynamique est la dynamique identitaire. Elle peut s’exprimer à gauche comme à droite. En dépit de tout ce qui les oppose, elle comprend aussi bien les nationalistes identitaires que les tenants du multiculturalisme. Dans l’un et l’autre cas, la notion décisive est celle d’ethnos, c’est-à-dire de personnalité historique ou ethnoculturelle, considérée comme non négociable.

La seconde dynamique est celle du populisme. Elle ne se confond pas avec la précédente, même si elle peut parfois la rejoindre. À la façon du boulangisme, le populisme mêle lui aussi des éléments de gauche et de droite. Mais surtout, il ne se réclame pas seulement du peuple-ethnos, mais avant tout du peuple-démos, c’est-à-dire du peuple politique, et subsidiairement du peuple-plebs, c’est-à-dire des couches dominées. En France, il correspond sociologiquement aux classes populaires et aux éléments de la classe moyenne menacés de déclassement, et géographiquement à la « France périphérique » par opposition aux métropoles mondialisées.

Le populisme s’appuie sur le principe de la souveraineté populaire et dénonce ses limitations par la démocratie libérale et l’État de droit. Déçus par la mondialisation comme par les institutions européennes, physiquement hostiles à la privatisation du sens de l’existence comme à l’avènement d’un homme hors-sol, dépouillé de ses racines et de sa mémoire, révulsés par les mouvements migratoires, hantés par la peur de la désagrégation de la sociabilité qui leur est propre, mus surtout par un puissant ressentiment envers les élites, les populistes s’efforcent d’articuler une nouvelle demande sociale : demande de repères en matière de mœurs, demande de cadres protecteurs, demande d’une politique qui ne se ramène pas à la gestion, demande d’une démocratie réelle, demande d’autorité.

François Fillon n’est pas un populiste. Il s’adresse avant tout aux bourgeois retraités qui forment le socle de l’électorat de droite, et qui aspirent à la fois à un paisible conservatisme des mœurs et à un libéralisme modéré. Mais c’est là que le bât blesse. Ceux qui se réclament de cette improbable alliance se retrouvent un jour ou l’autre dans une position intenable : s’ils appliquent un programme libéral, qui comprend l’ouverture des frontières, la politique des droits individuels et la soumission de l’entreprise aux exigences des propriétaires du capital, ils déçoivent les conservateurs ; s’ils appliquent un programme conservateur, qui implique la protection de la société, le maintien des frontières et le primat de l’intérêt national, ils déçoivent les libéraux.

La question qui se pose est alors celle-ci : peut-on encore, sans tomber dans l’incohérence, être à la fois conservateur et libéral aujourd’hui ? 

Au sommaire d'Eléments n°164

• Entretien exclusif avec Marcel Gauchet
« La bien-pensance engendre la crétinisation »
• Populisme, la grande peur des élites, par Alain de Benoist

Dossier : Droite-gauche, c’est fini !
• Politique-fiction : Le Pen-Mélenchon au second tour
• L’obsolescence programmée du clivage droite-gauche
• Pourquoi les vrais socialistes font la guerre à la gauche
• Entretien avec Charles Robin
• Rencontre avec Bernard Langlois, membre fondateur d'Attac et de Politis

Et aussi...
• L’AF et ses dissidents
• Les nouvelles têtes à claques du libéralisme
• La France buissonnière de Sylvain Tesson
• Littérature : entretien avec Louis Jeanne
• La leçon de Gabriel Matzneff
• Tintin : retour au pays des Soviets
• À la redécouverte de Thomas Sankara
• Après nous le déluge ? La réponse de Sloterdijk
• Philosophie : L’esprit dépend-il de la matière ?
• L’esprit des lieux : Venise


Marcel Gauchet revue Éléments n°164 gauche droite
Eléments n°164


6.90 euros
 



Marcel Gauchet s'explique sur cet entretien accordé à Eléments (n°164)

> EXTRAIT DE C Politique <

Diffusé le dim. 29-01-17 à 18h35
Info | 70'| En replay | Tous publics | 
Avec K. Rissouli et M. Gauchet
L'émission : Ce magazine en deux parties propose, en cette année de présidentielle, d'éclairer, d'informer et d'ouvrir le débat. Dans la première partie, «C politique», Karim Rissouli et une équipe de journalistes retracent le fil de la semaine politique à travers des reportages. Dans la deuxième partie, «C polémique», Bruce Toussaint laisse la place à la confrontation d'idées et au débat citoyen mélangeant acteurs de la société civile, hommes politiques et éditorialistes.
Le programme : C Politique se met en ordre de marche pour les échéances électorales à venir et propose aux téléspectateurs l'actualité politique de la semaine à travers des reportages.

CLIQUEZ SUR LES IMAGES CI-DESSOUS POUR VOIR L'EXTRAIT DE L'EMISSION !



 Marcel Gauchet C Politique 29 janvier 2017 France 5


 Marcel Gauchet C Politique 29 janvier 2017 France 5

Extrait Vidéo : Marcel Gauchet s'explique sur son entretien


Marcel Gauchet revue Eléments n°164
Spéciale Primaires de la Gauche - C Politique en direct sur France 5.
29 Janvier 2017 : Marcel
 Gauchet est l'invité de Karim Rissouli et Bruce Toussaint.




"Éléments" dans la revue de presse de France Inter



 "Éléments" dans la revue de presse de France Inter Marcel Gauchet


Misère de la pensée et boule de gomme, le mystère Éléments s'épaissit. Et il ne faut pas compter sur Hélène Jouan de France Inter pour l’éclaircir. Dans sa revue de presse matinale, la journaliste a relevé ce matin le nom de deux déviants, des intellectuels qui «s’expriment impunément » dans le dernier numéro de la revue Éléments, et « qui semblent peut-être à l’insu de leur plein gré nourrir de curieux amalgames ». On croirait lire un dialogue du Bourgeois gentilhomme: « D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux.» Passons…

Quant à savoir pourquoi des intellectuels parlent et accordent des entretiens à la revue Eléments ? Bernique. Les auditeurs de France Inter n’en sauront rien. Pourquoi avant eux Éric Rohmer, Jean Anouilh, Jean-Marie Domenach, Claude Julien, Peter Handke, Alexandre Zinoviev, Jacques Julliard, Jacques Sapir, Michel Onfray et tant d’autres sont intervenus dans nos colonnes ? Rien, trois fois rien. Les auditeurs de France Inter apprendront seulement que le philosophe Marcel Gauchet, « qui se dit de gauche », et Bernard Langlois, le fondateur de Politis et d’Attac, ont perdu la boule en accordant un entretien à Eléments qui « affiche sans complexe son racialisme, son différentialisme ». Hélène Jouan nous avait fait le même coup lorsque Michel Onfray était intervenu dans Éléments. Nous la prévenons courtoisement: elle n’a pas fini de pleurer à chaudes larmes sur ces intellectuels et ces artistes qui donnent des entretiens à Eléments.

La revue Eléments existe depuis plus de quarante ans, et la radio publique n’a jamais pensé à inviter une seule fois, –ne serait-ce qu’une seule fois!–, un de ses représentants à s’expliquer. France Inter a cependant l’occasion de se rattraper dans les semaines à venir, car outre Alain de Benoist, éditorialiste d’Éléments qui publie Le moment populiste: Droite-Gauche c'est fini !, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, François Bousquet, rédacteur en chef adjoint d’Éléments, fait paraître cette semaine La droite buissonnière, aux éditions du Rocher, Michel Marmin sort Droite+Gauche, aux éditions Chronique, tandis que Charles Robin publie Itinéraire d'un gauchiste repenti, pour un anticapitalisme intégral, aux éditions Krisis. De belles émissions pluralistes à venir !

Pascal Eysseric
Source: Blog Eléments
Pour écouter la revue de presse




Le fait que Gauchet signe dans Éléments montre que les clivages se fissurent




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François Bousquet présente la revue Éléments, publication à la fois vénérable, puisqu’elle a 40 ans d’âge, et rajeunie, avec l’arrivée récente de jeunes plumes. Le dernier numéro – qui comprend un entretien exclusif avec Marcel Gauchet – est consacré à la fin du clivage gauche-droite, auquel se substitue une opposition entre la France d’en haut et la France d’en bas, les identitaires (de droite et de gauche) contre les «uniformitaires».


Le Moment populiste Alain de Benoist

Le Moment populiste Alain de Benoist

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L’extraordinaire défiance de couches de population toujours plus larges envers les « partis de gouvernement » et la classe politique en général, au profit de mouvements d’un type nouveau, qu’on appelle « populistes », est sans nul doute le fait le plus marquant des transformations du paysage politique intervenues depuis au moins deux décennies. Le phénomène tend même à s’accélérer, comme l’a montré l’élection de Donald Trump, survenant quelques mois après le « Brexit » britannique. Partout se confirme l’ampleur du fossé séparant le peuple de la Nouvelle Classe dominante. Partout émergent de nouveaux clivages qui rendent obsolète le vieux clivage droite-gauche.
Mais que faut-il exactement entendre par « populisme » ? S’agit-il d’un simple symptôme d’une crise générale de la représentation ? D’une idéologie ? D’un style ? Ou bien le populisme traduit-il une demande fondamentalement démocratique face à des élites accusées de ne plus faire de politique et de vouloir gouverner sans le peuple ? C’est à ces questions que répond ce livre, qui part de l’actualité la plus immédiate pour situer les enjeux politiques, sociologiques et philosophiques du débat.
ISBN 2-36371-186-1   - Prix de vente: 23,90 euros TTC.






Le Figaro : Rencontre avec le populiste Alain de Benoist




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Figaro : L'essayiste et philosophe n'aime ni nos élites, ni la mondialisation, ni le libéralisme. Il voit venir avec intérêt « le moment populiste » dont il décrit les facettes dans un livre ambigu mais érudit.

«Je ne suis pas sûr que les élites et le prolo moyen respirent le même air», nous dit Alain de Benoist. Cet homme est un étrange sujet d'étude. Il nous reçoit dans son pied-à-terre parisien du côté de la rue de Charonne, en plein Paris populaire reconquis par les bobos. Philosophe graphomane, traduit un peu partout, surtout en Italie, nous dit-il, il est de ceux qui n'aiment pas écrire une page sans citer au moins trois ou quatre auteurs. Ainsi passe-t-on, en quelques lignes, de Walter Lippmann, éditorialiste américain des années trente, à Cornelius Castoriadis, philosophe politique, ou l'historien Christopher Lasch, pourfendeur de la «culture du narcissisme». Cet homme de soixante-dix ans passés est un gros lecteur, précédé d'une réputation sulfureuse de banni du débat intellectuel. Il a fondé la Nouvelle Droite dans les années soixante-dix, après quelques années de militance dans...

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https://www.youtube.com/watch?v=hnLcLQn-nLo
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Alain de Benoist sur Radio Sputnik
"Le moment populiste, Droite-gauche c’est fini !"


Le populisme est le phénomène politique de la décennie. De quoi est-il le fruit et de quoi sera-t-il la cause ? En d’autres termes, que faut-il en attendre ? Et plus encore, est-ce un bien ou un mal ? Le pire est-il à venir, ou nous dirigeons-nous vers un renouveau civilisationnel ? Pour lever nos interrogations, Radio Sputnik a reçu Alain de Benoist, qui publie Le moment populiste, Droite-gauche c’est fini  aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.


Pour Alain de Benoist, la critique du populisme est devenue une critique du peuple. Mais ce dernier a encore son mot à dire, et pèsera lors des prochaines échéances électorales. 

Impossible de l'éviter. Certains ont beau fermer les yeux, retarder leur prise de conscience comme on retarde le réveil le matin, il est impossible de ne pas s'y confronter. Que cela nous plaise ou non, le populisme est le phénomène politique de la décennie. De Podemos au Brexit, de Syriza à Donald Trump, du mouvement 5 étoiles à Marine Le Pen, les arrières-arrières-petits-enfants du Général Boulanger se sont dispersés en Europe et ont investi le champ politique qu'ils ne craignent pas de bouleverser.
De quoi est-il le fruit et de quoi sera-t-il la cause ? En d'autres termes, que faut-il en attendre ? Le pire est-il à venir, ou nous dirigeons-nous vers un renouveau civilisationnel ? Celui-ci exige-t-il la fin du clivage droite-gauche qui structure notre vie collective depuis près de deux siècles ?
Pour lever nos interrogations, nous avons reçu un homme qui rend la vie des bibliophiles difficile, car il publie demain son 103ème essai, intitulé Le moment populiste, Droite-gauche c'est fini, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Cet auteur est Alain de Benoist, le chef de file d'un courant baptisé à ses dépens « La Nouvelle Droite » dès les années 70. Peut-être est-il au cœur de cette remise en cause du clivage droite-gauche. Il semblerait que la pratique ait rejoint la théorie, la réalité ses réflexions.
Regardez l'entretien dans son intégralité :
Extraits :
La sécession de la plèbe
« Le populisme apparaît il y a vingt ou trente ans, mais la vague n'a pas cessé d'enfler. En première analyse, le populisme, c'est l'extraordinaire défiance des classes populaires et plus largement l'accélération de la défiance des classes populaires et moyennes contre les élites, qu'elles soient politiques, économiques, financières, sociales ou médiatiques. Les gens n'ont plus confiance, ils n'y croient plus. On a pu parler de ‘sécession de la plèbe'. C'est un peu cela.  »
« Aujourd'hui, il y a deux tiers de mécontents et un tiers de gens qui profitent de la situation et qui ont créé cette nouvelle classe, une nouvelle classe mondialisée qui s'inscrit dans l'idéologie dominante. Avec comme conséquence une triple exclusion des classes populaires et des franges inférieures des classes moyennes menacées de déclassement — exclusion politique, exclusion sociale et exclusion culturelle ».
Le ralliement de la gauche au marché
« Le clivage droite-gauche devient obsolète en raison de ce recentrage, à partir du moment où gauche et droite ne se divisent que sur les moyens pour parvenir au même objectif. D'autre part, on voit s'esquisser une attitude qui est l'opposition de ceux d'en bas contre ceux d'en haut. On passe d'un axe horizontal gauche-droite à un axe vertical. C'est pour cela qu'on ne peut pas les superposer. Christophe Guilluy a véritablement renouvelé la géographie sociale en procédant à une sorte désenfouissement du peuple en montrant que la classe populaire et ouvrière a migré à l'intérieur de la France: elle s'est éloignée des métropoles où se concentrent les richesses et les élites mondialisées pour s'installer dans des régions éloignées, dans ‘la France périphérique'. Ces classes populaires vont représenter un facteur qui va peser sur les échéances électorales, au détriment des classes populaires anciennes. »
« On parle de ‘mouvement dextrogyre' ou de manière plus simple de ‘droitisation'. Sur les plans des mœurs, je ne crois pas qu'il y ait de droitisation. Je crois plutôt qu'on subit les conséquences du fossé qui s'est créé entre la gauche et le peuple. Les gens s'intéressent de moins en moins aux questions sociales. La gauche classique a fait le choix d'une autre idéologie que celle du socialisme: une sorte de social-libéralisme libertaire, où les droits individuels, les fantasmes ou les caprices des uns et des autres, le néoféminisme, l'art contemporain, la lutte contre toutes les discriminations, toutes ces choses dont le peuple se fiche totalement, ont remplacé la défense du prolétariat. En d'autres termes, la gauche dans ses plus gros bataillons s'est ralliée à l'économie de marché et s'ébroue à son aise dans un certain libéralisme sociétal. »
De la critique du populisme à la critique du peuple
« Dans un premier temps on a étiqueté ‘populistes' des mouvements qui visiblement n'en présentaient plus toutes les caractéristiques. Dans un deuxième temps, on a appelé populistes toutes sortes de phénomènes sociaux, d'associations, de partis, qui prétendaient articuler une demande politique et sociale à partie du peuple. Dans un troisième temps, la critique du populisme a cédé la place à une critique du peuple, considéré comme peu instruit, ne sachant pas, se laissant embrigader par des leaders démagogues. Bien entendu, il y a des leaders populistes démagogues. Simplement, ce qu'il faut rappeler, c'est que la démagogie est la chose la mieux partagée du monde dans la vie politique ! »
« Il n'y a pas d'idéologie populiste, l'expérience montre que le populisme peut se conjuguer avec n'importe quelle idéologie. Le populiste, c'est un style, une nouvelle manière d'articuler dans une perspective ‘contre-hégémonique un certain nombre de demandes sociales et politiques à laquelle la classe dominante ne répond pas. Ce n'est pas seulement une demande de protection, mais aussi une demande de plus démocratie, et donc de politique tout court. Le populisme est une demande qui part du peuple pour obliger les hommes politiques à faire de la politique, au détriment d'une activité publique qui se réduirait à l'administration des choses. »
Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

 Alain de Benoist Le Moment populiste Sputnik blog Krisis
 Alain de Benoist sur Sputnik radio pour parler de son livre Le Moment populiste


SOURCE : Sputnik News : OPINION
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Avec Edouard Chanot





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